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Séance du 7 octobre 2016

La soirée a démarré très fort avec la lecture des analyses de la photo envoyée plus tôt dans la semaine : photo-analyse-avec-titre-et-auteur

Voici 2 exemples d’analyse faite de cette photo par Fabrice et Alain M :

Première (s) impression (s) : surprise et nausée.

1) j’ai déjà vu cette image quelque part,
2) la palette de couleur, un peu nauséeuse, me trouble.
3) le cadrage me surprend, je cherche le sujet. Un instant je me dis qu’elle est mal cadrée.

Cette image a un impact fort sur moi ; j’en ressens instantanément de la nostalgie, ainsi qu’une forme de mélancolie vaguement ironique.

Clairement, le message est celui du temps qui passe avec peine, dans la solitude.

On se trouve probablement dans une salle commune, qui pourrait être la cantine d’une maison de retraite (« Menu » sur le tableau, une horloge au mur). Le style est documentaire, il s’agit d’une photo de reportage. Les couleurs, proches des pellicules argentiques du passé, participe de la double ambiance du reportage et du thème de la solitude un peu pénible, un peu glauque.

En effet, la palette de couleur est triste et mélancolique, le jaune et le vert qui se mélangent sans limite franche font penser à la maladie, et les quelques tâches de rouge ne suffisent pas à redynamiser l’ensemble.

Le cadrage est primordial. Une table ronde occupe le centre (et probablement le tiers de l’image). Le plateau est vide, il n’y a pas de chaise, ce qui renforce l’impression d’incongruité : cette table imposante est inutile, c’est un non-sujet.

Les éléments intéressants sont repoussés vers les bords :

L’homme d’un côté, seule présence humaine, se trouve coincé entre un coin de table et la chaise. Il regarde vers le cadre (vers l’extérieur). Derrière lui, une porte. Il ne parait pas avoir envie d’être là, sans légitimité dans ce lieu sordide et froid, dans lequel il est pourtant prisonnier. Pas d’expression sur son visage ; il a l’air absent. Je ressens à le voir une immense solitude.

A l’opposé de l’homme, des objets (qui rappellent la présence humaine et en même temps en renforcent l’absence) sont accrochés sur le mur. Ils sont typiques d’une salle commune : panneau informatif marqué « Menus », une grande barre (de danse ?), un distributeur (de produit pour les mains ?), une affichette plastifiée (de sécurité ?), un thermomètre et une horloge.

La technique utilisée, celle de l’instantané où tout est net, a tendance à ne pas imposer d’autre hiérarchie dans l’image que celle d’une composition simple : la table vide au centre qui repousse sur les bords du cadre l’homme à gauche et les objets du mur à droite. Cette manière de photographier, qui semble spontanée (point and shoot) renforce l’idée du reportage.
Entre l’homme et ces éléments de présence humaine, rien d’autre que la table vide, et la solitude triste et mélancolique. Une image qui pourrait faire penser à certaines peintures d’Hopper, le peintre de la mélancolie.


Ressenti :

On se trouve dans un établissement hospitalier, une maison de retraite.

Impact :

Solitude, tristesse.

Message de la photo :

Décrit l’ambiance d’une vie dans un tel établissement.

Analyse :

Style : C’est une photo reportage.

Cadrage : Elle respecte des règles élémentaires de la Photographie.

Composition :

* Le sujet principal est immatériel c’est la solitude, montrer par une table vide, avec comme symétrie un mur presque aussi vide de décoration. C’est le néant.

*  Dans le coing à droite, une pendule d’un model ancien. Elle n’indique pas l’heure, mais le temps qui passe.

*  Le personnage à gauche est positionné suivant les règles photographiques. Son avenir dans un tel établissement est compté,  le positionner la face au  bord de la photo nous le montre. Par contre, son dos est dégagé, il a de nombreux souvenirs a offrir, la porte rouge est même ouverte, pour donner encore plus d’espace pour raconter tous ses souvenirs.

Hiérarchie des éléments : Personnage vivant et stable

Usage du symbolisme : L’auteur veut nous montrer l’ennui, l’attente, l’errement.

Partie technique : Il y a un manque de netteté, mais pour une photo reportage, si cela est dommage, c’est acceptable.

Un regret : Dommage que le mur ne soit pas complètement vide.

Sentiment :

Tristesses, solitude, dernière demeure avant le voyage dans un couffin en  chêne ou en pin, suivant ses moyens.

Critique constructive :

Même si ce n’est pas une photo « d’art », une photo que l’on accrocherait dans sont salon, c’est une photo très intéressante car elle fait réfléchir, elle témoigne, elle décrit, elle montre une situation, elle donne l’ambiance de l’établissement.

Si s’était une photo de VIP, voici une photo,  tout en sortant de notre visuelle habituelle, mériterait d’être pastillée.


Et pour finir les photos présentées et pastillées sur le thème : « Surréaliste »